2011 - Madagascar
  
2011 - Madagascar
 

Antananarivo - 30 oct 2011

Après 7 ans d'infidelité, nous retrouvons notre familier Madagascar avec ses odeurs, ses accents, et tout de suite la musique rythmée et tonique qui contraste avec le "mora mora" local.

Nous avons retrouvé nos amis, propriétaires de la grande école "Les Colibris", et nous logeons dans un quartier très animé, à la sortie du stade (et donc des matchs de foot, bien arrosés à la 3eme mi-temps). Mais juste a coté, les sentiers montent dans les collines: tout le charme du tananarive populaire et familial.

Car Tana, il faut le savoir, ce sont avant tout des escaliers!


 Conditions idéales de temps: il fait beau, et chaud juste ce qu'il faut.

 

Hollywood? Et non: Antananarivo!

 

Collines, petits sentiers, et parc zoologique ont été au menu de cette 1ere journée de réadaptation. Beaucoup de bons moments et une saine fatigue avant d'attaquer ce soir le romazava qui constituera notre diner.

 

Andasibé - 1er nov. 2011

Quelques heures de taxi-brousse, et nous voici à Andasibe, sur la route qui mène sur la Cote Est.

Nous avons découvert, à notre arrivée, un petit village aux allures de western, avec sa rue poussiéreuse et ses maisons en planches. La différénce, c'est peut-être les innombrables articles chinois en tous genres sur les étals des gargottes...

Le seul batiment en pierre du village est une grande église, parfaitement entretenue, et qui partage sa cour avec une école (confessionelle?). Mais il y a l'électricité et (parfois) des frigos. Ah, et aussi des capsules de coca pour jouer aux billes. Guillaume est en cours d'apprentissage.

Ici, c'est le domaine de l'Indri, le plus grand des lémuriens. Nous sommes partis  à l'aube pour essayer de les apercevoir et faire une marche en foret en compagnie des autres lémuriens.

Non, ce n'est pas un indri:

Dans la réserve d'Andasibe

Lui, c'est une espèce française qui joue à Tarzan...

 A 6h, sur la route de la réserve, nous avons rencontré Nestor, qui nous a servi de guide. Ici, il ne faut généralement pas attendre longtemps pour se faire "prendre en main" par des guides locaux...

Au programme: 5 heures de ballade dans une très belle forêt (quoique non primaire). Moins inpressionante que la Malaisienne, mais sans chaleur excessive, sans moustique, sans sangsues et sans boue! Le bonheur!

 

Indri

Et l'indri, le voici.

Nous avons pu observer une petite famille sur son territoire (10 ha).

Sans parler des caméléons, oiseaux et grenouilles endémiques. Bref, une très belle ballade qui montre tout l'intérêt des réserves (celle que nous avons visitée est directement gérée par les villageois, qui ont vite compris l'intérêt touristique d'une forêt préservée).

 

En fin de journée, une promenade dans les faubourgs du village, où les touristes sont plutôt rarissimes!

Un très bon accueil qui permet à Guillaume de jouer avec les enfants.

 Andasibe

 Et pour finir, on a admiré le jeu de l'équipe de foot locale...

 

 

Demain... et bien on ne sait pas trop, on n'a pas encore faire de plans...

Certains nous ont demandé comment on ressent l'ambiance à Madagascar. C'est vrai que, à Tana, on nous a régulièrement mis en garde contre des agressions possibles, et oui, il est vrai que l'ambiance est nettement plus tendue que dans notre souvenir.

Ici, en revanche, l'ambiance est très cool.

Notre hotel, modeste et tout en bois, est très agréable. Nous ne regrettons pas de ne pas avoir pris de lodge dans la forêt, qui ne nous aurait pas permis de participer à la vie du village.

 

Andasibé - 2 nov 2011

Deux heures de marche sur une piste qui serpente dans la forêt, et nous voici dans un lodge somptueux avec cascades, petits lacs et réserve zoologique. Ici, tout est calme, luxe et volupté.

Au bord de la seconde réserve, de forêt primaire cette fois, cet endroit est un lieu de vie pour de nombreux oiseaux rares et endémiques qui attirent un public de photographes ornithologues, qui arborent des zooms d'un mètre de long...

Ces lodges ont l'avantage de pouvoir traiter des grands groupes de tours operators, car les petits hotels malgaches n'ont pas les capacités d'accueil suffisantes. En revanche, nous les trouvons beaucoup plus ennuyeux que notre petit village, peuplé de copains et copines pour Guillaume.

 Première étape: les crocodiles, qui se dorent au soleil.

Crocodile

 

Ensuite, c'est toujours un vrai plaisir de se retrouver parmi les makis apprivoisés.

 

Lemur

 

 

 

Et Guillaume connait son premier frisson au contact d'un boa constrictor. Il est fier, notre petit bonhomme!

 

Demain, nous quittons Andasibe en train (enfin, on l'espère...) pour Brickaville (ou Ambile... cela dépend du terminus?).

 

Andasibé - 3 nov 2011

Aujourd'hui, petits veinard, nous avons le temps de vous envoyer quelques photos supplémentaires. En effet... nous attendons le train!

 

Dernier jour, donc, à Andasibe. Les enfants sont à l'école (ici aussi, les vacances sont finies). Nous les avons visitées: blouses vertes pour l'école publique, bleues pour l'école privée catholique...


 

Deux grandes églises magnifiques dans ce village, qui a troqué son exploitation forestière pour un accueil des touristes dans de belles réserves. Seule l'exploitation du bois pour le chauffage et la cuisson persiste. A cet effet, les bois précieux ont été remplacés par du pin, à la croissance rapide.

 

Une grande rizière trône au milieu du village. L'occasion de montrer à Guillaume comment pousse cette céréale, si importante ici!

 


Quatre points d'eau permettent aux filles d'aller remplir les seaux pendant que les garçons jouent au football (répartition des tâches... comme en France... au Sud?)

 

 

Quelques européens ici, retraités dans l'humanitaire, viennent apporter du matériel médaical à l'hopital local. d'autres viennent y passer simplement l'hiver, charmés par ce petit village si tranquille et si accueillant, que nous quitterons à regret... surtout maintenant que tout le monde connait Guillaume, le roi des mangeurs des brochettes de zébus des rizières:

 

La gare, où comment rendre un touriste fou: d'abord, parce qu'il y a 3 bâtiments: l'ancienne gare, en planches, visiblement désaffectée, une nouvelle, splendide, mais vide (futur hotel...?), et la nouvelle-nouvelle gare, plus ou moins transformée en habitations. Finalement, nous trouvons le chef de gare après une longue recherche. La train part cet après-midi. C'est sûr? Peut-être. A quelle heure? A l'heure où le chef de gare est sur le quai. A quelle heure est-il sur le quai? Quand le train arrive, pardi! Voilà tout Madagascar! Mais nous avons l'habitude...

Voilà. Le poulet commandé il y a 3 heures doit être plumé et grillé,alors nous allons manger!

 

A bientôt pour de nouvelles aventure: au coeur du rail!!!

 

Tamatave - 8 nov 2011

Que d'aventures depuis notre dernier message! Il faut dire que les cyber cafés étaient plutôt rares sur notre trajet ces derniers jours...

Finalement, nous avons bien pris le train, qui avait 4h de retard (normal, ici...) pour arriver à Ambile vers le (tout) petit matin Nous nous payons le "luxe" de finir notre nuit dans le train, avant d'en descendre aux première lueurs du jour. Tout de suite, un petit hotel nous tend les bras. Avec sa plage au bord du canal des Pangalanes où nous pouvons longuement se baigner dans cette eau saumatre, chaude et claire.

Ambile nous surprend par sa nonchalance. Ici, on ne peut pas parler vraiment de ville, mais plutôt de village endormi, coincé entre le canal et l'océan. Peu (pas?) de touristes, car la mer est impraticable à la baignade. 20 ans plus tôt, René avait eu de gros problèmes avec les vagues...

Le centre ville d'Ambile...

 

Ici, la vie tourne autour du canal, qui fait vivre de nombreux pêcheurs.

 

Pêcheurs traditionnels aux filets:

 

Ou bien pièges à demeure sur le canal:

 

La question de la poursuite de notre voyage se pose... à peine quelques minutes, le temps de rencontrer Jean, 65 ans,  qui nous propose une remontée en canoe. Il connaît notre ami Charles, de Tana, et parle un français très précis, un peu à l'ancienne et quelque peu académique. Il pourrait presque donner des cours de français à certains de nos présidents récents...

 

Le lendemain, nous voici donc partis pour quelques heures de pagayage le long des rives verdoyantes...

Mais avant, il faut acheter le riz, choisir le poulet, le rhum pour les ancêtres, la bière pour le pilote... Nous irons choisir le poulet à la ferme. On nous désigne le meilleur. Pour la chair? Non, pour la course! Il est élevé au grain? Non, au garrot, pour échapper aux taxis-brousse! Il est comme un faisan de 25 ans d'age. Aussi bon? Non, aussi dur! Une fois grillé, il faut arracher un peu de viande au tendon. Pour un peu, nous en regretterions les nuggets du MacDo, c'est dire! Le bio, ça a des limites...

 

Nous arriverons à notre première étape, Manamboto, en début d'après midi. Ici, il faut trouver de quoi se loger. Comme toujours, plutôt que de s'angoisser, mieux vaut se mettre sous un arbre, et attendre. Effectivement, quelques minutes plus tard, on vient nous proposer une maison à louer.

Une simple batisse, avec une grande pièce qui fait office de dortoir, et une alcove pour la cuisine. Il ne nous en faut pas plus. 

Nous y passerons la nuit,après un bon bain pour Guillaume dans une baignoire improvisée.

 

Le lendemain, après avoir visité le village, nous partons pour la traversée du lac, afin de rejoindre une autre branche du canal.

Hélas, le vent et la houle s'étant levés, nous préférons troquer notre canoe contre un bateau à moteur, plus sûr et plus rapide.

Nous débarquons ainsi dans lepetit  village d'Androkonoditra, où l'unique hotel du coin nous tend les bras pour une nuit bien méritée. Ici, l'électricité est rare, mais quelques batteries alimentent tout de même le poste de musique de l'unique petite épicerie du village (qui fait aussi office de bar).

 

Dernière étape de notre périple vers l'Est, nous rejoindrons ensuite Tamatave par le train (encore 4h de retard... et bondé comme le meilleur des taxis-brousse).

 

 

 

Sainte-Marie - 13 nov 2011

Nous voici sur l'ile carte postale, la perle de Madagascar. Plages de sable blanc, cocotiers... tout y est!

Mais ce sont la forêt et la mangrove qui nous attirent en premier lieu. Nous traversons l'ile à pied et Guillaume suit vaillamment, toujours beaucoup plus en forme le soir que le matin.Ici, il faut partir très tôt. 6h est une bonne heure.

Parfois, on pousse un peu (15km hier sur la montagne), alors quand on demande à Guillaume ce qu'il veut faire, il nous répond: "des exercices!". L'école pour se reposer, on ne connaissait pas encore!

 

Nous avons choisi un très bel hotel près de la plage, et oh surprise, il n'est pas français, il est malgache! Le propriétaire et sa femme parlent longuement avec nous, et nous invitent dans leurs "terres".

Nous sommes passés à l'église (la plus vieille de tout Madagascar) écouter les superbes voix a capella des jeunes malgaches.

Aujourd'hui, le temps est gris, et nous bullons un peu. Un concert est prévu cet après-midi (Wawa à Ste Marie!). Nous y serons!

Demain, nous partons pour l'ile aux Nattes, à l'extrême sud de l'ile. La perle de la perle...

 

 

 

 

Hélas, les connexions internet sont d'une lenteur désespérante ici...

 

 

Antananarivo - 18 nov 2011

Après 6 jours sur l'Ile Sainte-Marie, nous voici de retour à Tana pour la fin de notre séjour malgache.

Nous avons terminé notre séjour "balnéaire" par 2 jours sur l'Ile aux Nattes,où nous avons découvert un petit paradis fait de nature, de mora mora, de punch coco, et de baignades dans le lagon. Il règne sur cette petite ile un esprit très différent de la "grande" ile Sainte marie. Une sorte de sanctuaire où la présence régulière des baleines constitue un grand point d'attraction... Ici, tout est encore préservé... pour combien de temps encore?

A Tana, Guillaume a été à l'école de Josette, et a pu mesurer les différences  de culture et de moyens avec sa propre classe. Ici, pas encore de gros problème de discipline avec les élèves, qui se rangent bien sagement les uns derrière les autres lorsque la cloche retentit... ça laisse un peu songeur!

 

 

A part ça, les conversations sont toutes trouvées ici: un nouveau 1er ministre a été nommé il y a maintenant 3 semaines, mais peine à constituer un gouvermenent avec les innombrables mouvance politiques qui cherchent à se faire une place... Finalement, il n'y a pas que les belges qui ont des problèmes! Et plus la crise se prolonge, plus le pays s'appauvrit...

Retour demain en France dans la froidure (ici, il fait un bon 28°C...), où nous pourrons compléter nos réflexions, avec quelques photos supplémentaires.

 

Epilogue

Cela faisait 7 ans que nous n'étions pas venus à Madagascar.

Avons-nous trouvé des changements?

Dans la capitale, oui, et malheureusement pas en bien. La pauvreté est malheuresement de plus en plus présente, et un climat d'insécurité croissante s'est installée dans le bas Tana. Les faubourgs, en revanche, avec leurs escaliers dans la verdure, restent un lieu magique et plus calme.

C'est en province que nous avons retrouvé l'ambiance malgache typique. Andasibé a été un véritable coup de foudre pour nous, et si Sainte-Marie n'est assurément pas représentative de Madagascar, nous y avons passé quelques jours merveilleux et reposants!

Bref, ne vous laissez pas décourager par avertissements négatifs que l'on peut parfois lire sur ce merveilleux pays, et sachez venir en toute humilité découvrir ce peuple si accueillant!

 

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